Un avant goût avant la sortie…

 

couverture bol

On sait toujours quand une histoire commence.

Mon histoire avec Daniel a commencé grâce à ma maladresse légendaire et, indirectement à Helen, mon agent littéraire.

Elle avait réussi à me traîner – littéralement – à une de ces soirées mondaines dans lesquelles je me sens toujours aussi à l’aise qu’un lapin de garenne dans les phares d’une voiture. Vous savez la panique en forme de zigzag où on se dit: Vite! où est la sortie?!

– Chloé, ça fait partie du métier de se montrer un peu…

– Mais Helen, tu sais bien quel supplice c’est pour moi…! Fais-moi un mot d’excuse, invente-moi un virus ultra contagieux!

– Ne sois pas si sauvage, ma chérie… C’est important de prendre sa place dans ce milieu. Sors de ta coquille! Tu pourrais même rencontrer quelqu’un… un homme…dans ce genre d’endroit… Ça aussi, ça te ferait du bien! Au lieu de passer tes soirées avec ton chat, comme une..

– … vieille fille de 30 ans, je sais!

Piquée par son dernier argument, j’avais fini par abdiquer!

C’était le vernissage d’un jeune peintre en vogue. Je me dis trop tard que j’aurais pu y convier Alek, mon meilleur ami. Lui, se serait à coup sûr régalé au milieu de tous ces gens au sourire composé et à la logorrhée creuse! Il a le don de la réplique, se fondant dans n’importe quel décor: Aussi apte à rire grassement aux blagues de son voisin routier qu’à disserter sur le devenir des bébés pandas avec une Brigitte Bardot au chignon révolté!

Néanmoins, je raffole immédiatement de l’endroit.

Cette biscuiterie désaffectée depuis début 80 borde le fleuve avec élégance et envergure.

Elle a su attendrir un investisseur d’origine française dans les années 90 qui, au terme de travaux considérables, l’a réenchantée , la réhabilitant en un centre culturel où se trouvent désormais un café, un restaurant, un espace d’expositions et de spectacles ainsi qu’une librairie et une boutique.

Cette imposante bâtisse du début 20e est coiffée d’une verrière gigantesque, lui donnant des airs de Grand Palais parisien. Ce chapeau de verre nous permettrait sans doute d’admirer les étoiles si nous n’étions pas en plein cœur de Londres.

De grands volumes tissés en métal, des loggias abritant œuvres et confidences, structurés de façon à en conserver la magnificence sans jamais se sentir engloutis par cette grande tarentule de fer. Quelques apostrophes colorées finement réparties dans l’espace lui évitent de se montrer inhospitalière. Ses larges colonnes métalliques auréolent des façades vertigineuses recouvertes de fresques post-modernes. Les sols en béton ciré évoquent sobrement ses origines industrielles. Éblouissante!

Docilement, je m’étais d’abord prêtée avec Helen au jeu Tu te souviens de Machin? Elle m’avait présentée la moitié des convives, me tractant derrière elle d’une constellation à une autre. De quoi me perdre une fois de plus dans la galaxie humaine. Même si j’y piochais volontiers des mots, des attitudes, des visages pour mes futures nébuleuses littéraires!

Je pensais naturellement à mon Gers et sa voûte céleste. Comme c’était loin de moi ce soir… Pas seulement la distance à parcourir mais la sensation d’être sur une tout autre planète; où les gens se prennent pour des étoiles, des lumières, faute de pouvoir goûter à la contemplation du ciel et y gagner l’humilité que confère la conscience d’être petite poussière.

Mon père dit que humilité vient de humus, terre en latin. Être humble, c’est revenir à la terre. Cela s’apparente pour lui à une prise de conscience de sa condition et de sa place au milieu des autres et de la grandeur de l’univers.

A présent, j’étais lasse de tout ce cirque…

Je dégustais un excellent vin – je parierais pour un Bourgogne -, mon lot de consolation dans cette sauterie assommante! Mon verre pour seul compagnon, je me demandais sous quel prétexte crédible Helen concèderait à me libérer de mes obligations quand je perdis l’équilibre!

Autre supplice pour moi: les chaussures à talons! Mais qui a inventé cet engin de torture!? Aujourd’hui, à 34 ans, le mystère des femmes déambulant avec aisance perchées sur leurs échasses reste entier. Claudia, ma meilleure amie, a beau me dire que c’est une question d’entraînement…rien à faire! Je suis toujours aussi empotée! Dans mon malheur, cet accessoire ne m’est pas indispensable avec mon mètre 72. Allez savoir pourquoi je m’évertue malgré tout régulièrement à retenter l’expérience, comme ce fameux soir:

1) L’envie de faire plus femme 2) le goût du défi 3) la nécessité de quitter mes éternelles Converse pour les évènements officiels? Je vote pour le numéro 3.

Je n’eus pas vraiment le loisir de m’apitoyer plus longtemps sur mon sort puisque je m’aperçus que ma cascade avait fait des dégats collatéraux. En effet, pendant que je m’employais à retrouver une stabilité posturale, j’avais renversé mon précieux nectar sur mon voisin le plus proche: Daniel.

Un malheur n’arrive jamais seul. Encore un handicap non reconnu par la société: la maladresse!

Si c’était le cas, j’aurais la rente à 100% et ad vitam æternam.

Je ne compte plus le nombre de situations qui ont virées au drame pour ce motif!

Un entretien avec un journaliste dans un bar pour la sortie de mon premier roman: Il pleut des chats et des chiens – ou des cordes en France -. Je suis en retard…. Je trébuche – même en Converse, je suis cap! – , arrivant de ce fait ruisselante et haletante au rendez vous… Le comble du glamour!

Une séance photo pour un célèbre magazine: je renverse mon café sur le chemisier blanc à 2000 livres, prêté pour l’occasion par une grande marque..!

Si ça continue, je vais finir par être plus populaire pour mes balourdises que pour mes publications…Pitoyable.

Vous voulez lire la suite? Patience…L’eBook sera bientôt en vente sur Amazon.fr
Abonnez-vous pour être les 1ers à l’acheter!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *